L'épidémie de rougeole a fait deux morts sur les 658 personnes touchées en France depuis début 2025, dépassant déjà le bilan de 2024, selon Santé publique France. Dans 70 % des cas, les personnes n’étaient pas vaccinées ou avaient reçu un schéma vaccinal incomplet.
Le nombre de cas de rougeole a fortement augmenté en France depuis le début de l’année par rapport à 2024 et 2023, selon Santé publique France, qui appelle à des actions de rattrapage vaccinal renforcées pour protéger les plus fragiles. De janvier à mai 2025, le nombre de cas déclarés aux agences régionales de santé (658 cas) a progressé de plus de 35 % par rapport à la même période en 2024 (483 cas). Les mineurs sont les plus touchés. Près de la moitié des cas concernent en effet les moins de 20 ans (15 % ont entre 1 et 4 ans, 12 % entre 10 et 14 ans et 13 % entre 15 et 19 ans). Mais surtout, le bilan est plus lourd, avec deux morts et un tiers des malades qui ont dû passer aux urgences ou ont été hospitalisés. Les hospitalisations touchent principalement les moins de 5 ans (36,5 %) et les adultes de plus de 30 ans. 13,2 % des personnes contaminées ont présenté une complication, dont 50 pneumopathies et une encéphalite. Les deux personnes décédées, elles, étaient immunodéprimées.
Cette hausse de la circulation du virus intervient dans un contexte de résurgence mondiale de cette maladie, liée à un affaiblissement de la couverture vaccinale. En France, le pic de l’épidémie aurait été atteint en mars, mais le virus continue de circuler à un « niveau élevé » dans certaines régions. Plus de la moitié des cas sont par ailleurs concentrés dans 9 départements : le Nord, les Bouches-du-Rhône, l’Isère, la Haute-Savoie, l’Hérault, Paris, la Seine-Saint-Denis, le Pas-de-Calais, le Val-d’Oise. La plupart sont des cas autochtones (76 %). Quelques-uns néanmoins ont été importés du Maroc, du Vietnam, de Roumanie, d’Italie ou d’Espagne. En outre, près de 86 cas groupés totalisant 370 cas ont été rapportés, dont 18 regroupaient plus de cinq personnes. « Les cas groupés sont intervenus au sein de collectivités d’enfants (crèche, école, lycée) ou en établissement de santé ou ont concerné des personnes de la communauté rom ou d’origine roumaine sédentarisée, précise Santé publique France. Deux situations sont survenues à la suite de la fréquentation de salons d’exposition parisiens. »
L’analyse du statut vaccinal des malades montre que, parmi les personnes ciblées par la vaccination ROR, plus de 70 % n’étaient pas vaccinées ou n’avaient pas complété le schéma vaccinal à deux doses. Tout contact avec un professionnel de santé, y compris la délivrance de médicaments, « doit constituer une opportunité pour vérifier le statut vaccinal des personnes nées depuis 1980 et garantir qu’elles soient bien protégées par une vaccination ROR à deux doses (voire trois doses pour celles qui ont reçu une première dose avant 12 mois) », insiste Santé publique France. Cela concerne particulièrement les personnes travaillant avec des enfants ou auprès de patients immunodéprimés.
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