« Je ferme l’officine une fois par an depuis 2020. Avant cela, j’avais commencé par arrêter d’ouvrir le samedi après-midi pendant tout l’été. Puis à partir du Covid, tous les samedis après-midi faute d’avoir suffisamment de personnel, ainsi que la semaine creuse du 15 aout. L’année dernière, pour la première fois, la pharmacie a été fermée intégralement pendant deux semaines consécutives, à partir du vendredi 1er aout au soir. On parle en fait de mes vacances. Jusqu’alors, j’ai toujours prévenu l’ARS, par un mail. Mais pas cette année. Comme je suis souvent seule à travailler et que nous avons commencé à faire grève, je n’ai pas eu le temps de le faire. Cela dit, étant implantée en ville et que Niort compte 23 autres pharmacies, je ne m’inquiète pas pour les patients. J’ai commencé à les informer dès le mois de mai oralement et dès juin au moyen d’un petit flyer qu’on distribue à chaque délivrance et qui indique les dates concernées. J’ai aussi posé des affiches sur les comptoirs et la vitrine. L’annonce est également diffusée sur un écran dans l’officine et sur Facebook. C’est un complément pour ceux qui n’auraient pas prêté attention au flyer remis.
Il a aussi fallu travailler avec un confrère pour une personne SDF qui ne peut pas être servie ailleurs – la Sécu lui interdit l’accès à d’autres officines à la suite de trafics -pour son traitement hebdomadaire. J’ai fourni deux poches de médicaments à une pharmacie qui a pu les délivrer. Mon confrère n’a pas reçu de rémunération, c’est moi qui ai facturé, mais il n’a pas risqué un indu. La personne avait juste à se présenter là pour recevoir le paquet de ma part. D’ailleurs l’hôpital, prescripteur, a également été prévenu et il a signalé la deuxième pharmacie sur l’ordonnance.
Concernant les livraisons, j’avais prévenu les grossistes et ils sont revenus le 18. Quant aux commandes directes, je les ai arrêtées dès le début juillet pour être certaine qu’aucun reliquat ne traîne dans des camions ou des entrepôts. Au retour le lundi 18 aout, nous avons été débordés : la pharmacie n’a pas désempli de la journée dès 9 heures Les gens nous avaient attendus. Nous avons beaucoup travaillé les premiers jours de la reprise. Les patients ont compris la situation. Certains m’ont demandé si j’avais bien profité de mes vacances car j’en avais bien besoin. Les messages étaient plutôt gentils. Aucune plainte n’a été formulée.
En fait, la semaine du 15 aout est creuse. D’ailleurs, je ne pense pas que cette fermeture soit un frein ni pour l’équipe du moment qu’elle a trois semaines consécutives, ni pour les recrutements. Quant à moi, je préfère fermer que d’ouvrir en étant seule. Et finalement, le chiffre d’affaires d’août 2025 a été du même ordre que l’année précédente durant laquelle nous avions fermé une seule semaine. Cela dit, nous avions beaucoup travaillé aussi le vendredi 1er aout, le jour de la fermeture : nous avions fait quasiment une double journée. En effet, les patients avaient anticipé, sachant que nous ne serions pas là le lendemain, le samedi matin. Or nous n’étions que deux à servir… L’idéal serait d’être plus nombreux au comptoir le dernier jour s’il s’agit d’un vendredi soir.
Conclusion, il faut continuer ainsi avec une fermeture de 15 jours. Et en fonction de l’équipe, je pourrai ou non m’octroyer une troisième semaine de vacances car deux semaines c’est trop court pour se reposer. Je ne pense pas pouvoir fermer trois semaines, cela aurait un trop gros impact sur la trésorerie. Mais vraiment, c’est très bien de fermer, car on part l’esprit tranquille. »
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