Yeytuo, médicament de Gilead à base de lénacapavir, vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché européenne en traitement préventif contre le VIH. Ce traitement ne nécessite que deux injections sous-cutanées par an.
La Commission européenne a donné son aval à la commercialisation d’un nouveau traitement préventif contre le VIH, a annoncé le laboratoire Gilead. Il s’agit du lénacapavir, qui sera mis sur le marché sous le nom Yeytuo dans son indication préventive sur le Vieux continent. Rappelons que le lénacapavir est déjà commercialisé en France en traitement curatif du VIH (en comprimés 300 mg et en solution injectable 464 mg), sous le nom de Sunlenca. Il est également disponible outre-Atlantique en traitement préventif depuis fin juin 2025, sous le nom de Yetzugo.
Ne nécessitant qu’une injection sous-cutanée tous les 6 mois pour conférer une protection de 99,9 %, cette nouvelle prophylaxie représente un espoir majeur dans la lutte contre le virus. Dans les essais cliniques (Purpose 1 et 2), Yeytuo a montré une protection supérieure à celle de la prophylaxie pré-exposition orale classique (PrEP). En effet, dans le groupe Yeytuo, aucune nouvelle infection n'a été recensée dans l'essai mené chez les femmes, contre seize dans le groupe Truvada. Chez les hommes, on compte deux infections contre neuf.
Selon le professeur Jean-Michel Molina, infectiologue dans les hôpitaux parisiens Lariboisière et Saint-Louis, « 25 000 personnes sont infectées chaque année par le virus dans l’Union européenne et l’Espace économique européen (EEE) ». Un chiffre qui montre « clairement que les modes de prévention actuels ne fonctionnent pas pour l’ensemble de ceux qui en ont besoin », a-t-il regretté.
Par ailleurs, le mode d’administration du lénacapavir nourrit l’optimisme des acteurs de la lutte contre cette pandémie vis-à-vis de son potentiel dans les pays où l’accès aux soins est difficile. Moins contraignant que la PrEP quotidienne par voie orale, l’usage de ce nouveau médicament pourrait s’avérer décisif, s’il était généralisé à l’échelle mondiale. Toutefois, ces espoirs sont freinés par le tarif affiché par Gilead. Au prix de 28 000 dollars par an et par patient aux États-Unis, le lénacapavir reste hors de portée des pays en développement.
Lors de la première présentation du médicament en 2024 à Munich, durant la conférence annuelle de l’International AIDS Society (IAS), Winnie Byanyima, directrice de l’Onusida, avait révélé qu’un générique de cette molécule pourrait coûter moins de 100 dollars par an. Depuis, un espoir est apparu : un accord a été conclu entre Gilead et le Fonds mondial afin de fournir le lénacapavir aux pays à revenus faibles ou intermédiaires. « Nous avons pour ambition d'expédier et de livrer les premières doses dans au moins un pays africain d'ici la fin 2025 », a indiqué le Fonds mondial en juillet.
Cybercriminalité
Sur Internet, les faux sites de vente de médicaments se multiplient
Prévention des méningites B
Trumenba désormais pris en charge pour les 15-24 ans
Retraits de lots
Ludiomil indisponible jusqu’à fin 2026
Dispositifs médicaux
Un test diagnostic pour la maladie d’Alzheimer obtient le marquage CE