Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a confirmé aux représentants des pharmaciens que le plafond de remise sur les génériques inscrit dans le prochain arrêté serait bien de 30 % (et 15 % pour les biosimilaires). Le ministre a également donné la date à laquelle ce nouveau plafond serait effectif : le 1er septembre. Un délai très court qui va mettre sous pression les industriels et les grossistes.
Le 31 juillet, dans la soirée, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), Pierre-Olivier Variot, et le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Besset, ont tous les deux reçu un SMS venant du ministre de la Santé. « Yannick Neuder a indiqué au Premier ministre que nous avions refusé l’ultime proposition qui nous avait été faite par son ministère (pour rappel, un plafond de remise à 33 % pour les génériques et à 15 % pour les biosimilaires). Il nous a donc confirmé que l’arrêté qui va paraître instaurera donc bien un plafond de remise à 30 % pour les génériques et à 15 % pour les biosimilaires », rapportent les deux présidents syndicaux. Un plafond qui est donc conforme au dernier arbitrage rendu par Matignon.
Dans ce même SMS, Yannick Neuder a également confirmé la date à laquelle ce nouveau plafond s’appliquerait : celle du 1er septembre. Comme le président de la FSPF l’avait déjà expliqué, une modification du plafond de remise sur les génériques ne peut s’opérer du jour au lendemain. « Il faut du temps pour que les contrats passés entre les pharmaciens et les génériqueurs soient revus. Il faut aussi du temps pour modifier l’encodage des lignes de médicaments chez les grossistes ou chez nos fournisseurs. » La date annoncée du 1er septembre offre donc un délai particulièrement court. « En pleine période estivale, cela ne va pas être simple. Cela va même être très compliqué à tenir. Les industriels et les grossistes vont être mis sous pression », souligne-t-il.
Le plafond de remise sur les génériques sera donc fixé à 30 % à partir du 1er septembre. Que va-t-il se passer entre-temps ? « En théorie, le plafond de remise à 40 % sera donc en vigueur pendant tout le mois d’août, analyse Philippe Besset. Nous attendons tout de même de lire l’arrêté pour en avoir la certitude car, pour l’instant, nous ne l’avons pas sous les yeux ». Un texte qui, pour mémoire, doit aussi introduire un plafond de remise unique sur tous les médicaments (à 20 %) à l’horizon 2027…
Objectif principal désormais : convaincre les parlementaires
Le SMS de Yannick Neuder ne fait donc que confirmer une situation désormais inévitable depuis l’échec entériné de la concertation entre les représentants des pharmaciens et l’exécutif. « Au mépris de toutes les alternatives que nous lui avons proposées, le gouvernement préfère sacrifier le réseau officinal pour améliorer la marge de l’industrie pharmaceutique avec une mesure dogmatique qui mettra en danger l’accès aux soins, dénonce la FSPF dans un communiqué publié ce 1er août. Le doute est permis quant aux intérêts et lobbys qui ont prévalu à cette décision incompréhensible et inacceptable », va jusqu’à avancer le syndicat. « Les équipes s’interrogent sur leur devenir professionnel et certains titulaires doutent de la survie de leur officine », souligne également l’USPO, qui rappelle ce chiffre : « un tiers des officines en France est mis en péril » par cet abaissement des remises sur les génériques. Ce dossier n’est d’ailleurs pas le seul sujet qui irrite aujourd’hui les officinaux. « Le Premier ministre a engagé une lutte sans merci contre les pharmaciens. Il leur assène un nouveau coup en projetant de doubler le plafond de la franchise médicale, voir la franchise elle-même et en leur faisant porter la responsabilité de sa collecte. La FSPF engagera toutes ses forces et celles du réseau contre cette politique gouvernementale », promet le syndicat.
Les pharmaciens sont donc plus que jamais engagés dans une mobilisation qui s’annonce longue et difficile. Pour gagner cette « guerre » engagée avec le gouvernement, un plan d’actions a déjà été voté par l’intersyndicale pour la rentrée. À titre individuel pour l’instant, l’USPO relaie également un appel à la grève pour la journée du 16 août. L’objectif le plus important sera néanmoins de sensibiliser les députés et sénateurs. « La FSPF en appellera à leur conscience pour sanctuariser, dans la loi, un taux de remises assurant le maintien du réseau officinal ». Le syndicat étudie également « les moyens d’un recours devant le Conseil d’État en annulation de l’arrêté à venir fixant les plafonds de remises ».
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