« 800 pharmacies menacées », alertent les syndicats de la profession lors de la manifestation parisienne des professionnels de santé, le 1er juillet. Des statistiques diffusées par le cabinet de conseil La Longue Vue confirment ces craintes émises sur la pérennité du réseau officinal, avec 22 fermetures sèches en mai dernier, ce qui ramène le nombre total d’officines à 20 168 sur l’ensemble du territoire français.
En mai, le réseau officinal a encaissé 62 nouvelles disparitions d’officines, dont 22 résultant de fermetures sèches. Ce chiffre s’ajoute aux statistiques alarmantes diffusées chaque mois par le cabinet de conseil La Longue Vue. Et donne raison aux pharmaciens, aux syndicats et aux groupements mobilisés ce 1er juillet à Paris, Marseille et Nice, ou engagés dans une grève des gardes. Le maillage officinal est en danger.
De 20 230 officines en avril, le réseau s’est réduit à 20 168 en mai. En un an, l’Hexagone a enregistré 248 fermetures, a relevé La Longue Vue en mai dernier. Ou encore 307 en 15 mois, soit plus d’une disparition tous les deux jours. Les petites villes sont les plus touchées, avec 5,18 % des pharmacies qui ont fermé. Les zones rurales ne sont pas en reste et ont déjà enregistré en 2024 un recul de 4,77 % de leur réseau en raison de l’isolement des officines, de l’âge de leur titulaire (55 ans en moyenne), ce dernier ne trouvant pas de repreneur et souvent, un chiffre d’affaires inférieur à la moyenne nationale (1,4 million d’euros). Les grands centres urbains ne sont pas épargnés, pointe La Longue Vue. Concurrence intense, changement des modes de consommation avec le digital et une mobilité accrue, désaffectation pour certains quartiers, désertification médicale : autant de facteurs qui ont raison de la pharmacie des villes, dont 4,45 % ont disparu l’année dernière, 15,3 % étant situées en désert médical.
Ces tendances menacent l’attractivité de la profession. D’ailleurs, les titulaires sont de plus en plus nombreux à retarder leur départ à la retraite, faute de repreneur. En janvier dernier, 7,60 % des titulaires avaient plus de 65 ans, notait La Longue Vue. Soit 0,45 point de plus qu’un an auparavant. Et ce mouvement tend à s’accélérer.
Dans ces conditions, quels sont les facteurs susceptibles d’assurer la relève ? L’augmentation, en un an, du chiffre d’affaires de 2,273 millions d’euros à 2,397 millions d’euros n’est plus, à elle seule, un gage de bonne santé économique. Cette hausse ne reflète pas la rentabilité des officines, mises à mal par l’érosion de la marge. Et qui pourraient être affectées par une potentielle baisse des remises génériques qui constituent une part substantielle des revenus.
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