L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) a officiellement lancé un appel national à la fermeture des pharmacies le samedi 16 août pour protester contre la baisse du plafond de remise sur les génériques. Une initiative qui, contrairement à d’autres, n’a pas été votée par l’intersyndicale.
Ce n’est plus qu’une question de jours, si ce n’est d’heures, avant que l’arrêté instaurant un plafond de remise à 30 % pour les génériques ne soit publié. Les présidents des deux syndicats représentant la profession en ont eu confirmation par le ministre de la Santé en personne dans la soirée du 31 juillet. L’après-midi même, l’USPO a lancé par communiqué un appel national à la fermeture des pharmacies pour le 16 août. Une initiative portée à l’origine par des syndicats départementaux, notamment l’USPO des Alpes-Maritimes, présidée par Cyril Colombani. « Nous en avons marre de nous battre seulement pour ne rien perdre, affirmait le pharmacien lors d’un webinaire récemment organisé par le syndicat. Les remises sur les biosimilaires (dont le plafond sera fixé à 15 %) devaient être de l’argent en plus pour le réseau. À l’origine, il n’était pas question de baisser les remises sur les génériques pour équilibrer. Pendant ce temps, le gouvernement refuse de baisser le prix de médicaments comme Dupixent ou Vyndaqel, il se gave sur le dos des soignants, dénonce-t-il. Nous allons donc fermer nos officines trois jours de suite pour montrer ce que ça fait quand il n’y a plus de pharmacies ». En fermant le 16 août, des officines vont en effet baisser le rideau trois jours d’affilée avec le 15 qui est férié et le 17 qui tombe un dimanche.
Évoquée d’abord dans les départements, cette idée d’une grève le 16 août a ensuite prospéré. « Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur par exemple, 90 % des officines vont fermer ce jour-là », indique Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO. « Après des sondages en interne et les multiples retours des bureaux locaux et du Conseil d’administration », l’USPO a donc décidé de relayer cet appel au niveau national et met une affiche à disposition des pharmaciens pour qu'ils en informent leurs patients. Une manière aussi de maintenir la pression avant la rentrée de septembre, qui va coïncider avec une amplification du mouvement de protestation des pharmaciens (grève de l’organisation des gardes, de la PDA en EHPAD, journée noire le 18 septembre, fermetures les samedis à partir du 27 septembre…). Contrairement à ces actions, la grève du 16 août n’a en revanche pas été votée par l’intersyndicale (USPO, FSPF, UDGPO, Federgy, UDGPO). La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) n’a par exemple pas choisi de s’associer à cette initiative même si des pharmaciens adhérents au syndicat y participeront à titre individuel. « Je ne suis pas un briseur de grève, ceux qui veulent s’y joindre ont bien sûr tout loisir de le faire, explique Philippe Besset, président de la FSPF. À titre personnel, et comme sans doute nombre de mes confrères, j’ai prévu de longue date de fermer ma pharmacie le 16 août. Je ne vais donc pas mentir et dire que je suis en grève », justifie-t-il. Philippe Besset explique ne pas avoir été consulté en amont par l’USPO sur la possibilité de s’associer à cette fermeture nationale du 16 août. Le président de la FSPF estime surtout que la mobilisation devra être efficace à la rentrée, au moment où députés et sénateurs retrouveront les bancs de leurs assemblées respectives.
Garder ses forces pour septembre et un automne qui s’annonce difficile ou participer à cette grève du 16 août pour continuer à occuper le terrain en cette période estivale ? C’est le choix qui se pose aujourd’hui aux pharmaciens engagés dans cette mobilisation.
Allez-vous faire grève le 16 juin ? Répondez à notre sondage en ligne en cliquant sur ce lien.
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